• Bilan EDL (2) : les rituels et autres

    1. Les rituels

    Là aussi, j'ai fait différentes tentatives de phrases du jour : sous formes de fiches (orthographe ou grammaire), ou insérées dans un cahier de rituel (grammaire + vocabulaire).

    Le bilan est nettement plus positif !

    Avantages :

    • Tout d'abord, le format rituel est plus court (environ 20 min en comptant les mouvements de matériel, et 10 min max d'activité pure), ce qui permet aux élèves de ne pas saturer trop vite.
    • L'activité a lieu en classe entière, cela me facilite la vision globale sur le comportement mais surtout sur la participation et les difficultés éventuelles de chacun.
    • De vrais échanges intéressants ont eu lieu, de vraies questions : "Madame, en fait, c'est quoi la différence entre un adjectif et un adverbe ?", "Madame, comment sait-on si "le" est un déterminant ou un pronom ?"
    • Plusieurs notions revues en 10 min, et les notions sont régulièrement rebrassées (surtout en vocabulaire), les résultats en évaluation sont bien meilleurs et les connaissances restent plus longtemps.

    Inconvénients :

    • La gestion du matériel prend un temps fou ! L'année dernière, nous avons utilisé un cahier regroupant tous les rituels (y compris ceux d'HG), c'était mieux. Nous y avons collé les mémos de grammaire (qui sont aussi affichés dans la classe), cela évitait d'aller chercher le gros porte-vues de leçons que les élèves gardent depuis la 6ème.
    • Nous avons aussi utilisé les ardoises cette année, très pratiques pour voir d'un coup d’œil qui a réussi et qui participe ! Mais là aussi, cela demande du temps pour les sortir et les ranger !
    • Certains élèves réussissent vite, alors que d'autres mettent plus de temps. Et forcément, ils finissent par s'ennuyer et faire du bruit...
    • Tout le monde fait la même chose au même moment, peut de différenciation.
    • Si je fais un rituel, il ne me reste plus que 30 min d'activité pour autre chose, ce qui n'est pas facile à prendre en compte dans mes progressions de littérature par exemple...

    Bilan :

    • Je vais garder la forme rituelle pour les révisions d'EDL, les leçons devront être déjà vues (soit les années précédentes, soit lors de leçons spécifiques).
    • je garde aussi le cahier de rituel A5, mais je n'y mettrai que les rituels de français avec différentes parties : les mémos (j'en prévois d'autres comme ceux de grammaire, façon carte mentale), la phrase du jour (qui réuni grammaire et vocabulaire), et probablement un autre rituel type mini-dictée pour balayer l'orthographe et la conjugaison, et une partie lexique pour garder une trace des mots nouveaux rencontrés.
    • Je vais modifier les phrases du jour pour gérer les élèves plus rapides en proposant une phrase de plus pour eux.
    • Je cherche toujours une solution pour diminuer le temps de gestion du matériel tout en gardant l'utilisation de l'ardoise....

     

    2. Les autres moments d'EDL

    L'EDL (et surtout l'orthographe/conjugaison), ça n'a d'intérêt que pour la production d'écrit ! C'est donc sur les moments en demi-classe que nous allons travailler cela. Hors mes élèves ne semblent pas voir l'intérêt/avoir l'envie/le courage de retravailler leurs textes. Une fois le premier jet terminé, ils ont l'impression d'avoir rempli le contrat...  En même temps pour ceux qui parviennent à écrire un texte d'une 40aine de lignes, si cela veut dire retravailler l'orthographe pour l'intégralité du texte, c'est juste décourageant ! J'ai donc tendance à ne demander des ré-écritures que sur la grammaire de texte et la syntaxe et non sur l'orthographe. L'ennui c'est qu'au bout du compte, on fait peu d'orthographe.

    Il va donc falloir que je propose, autour des activités de productions d'écrits, des petits ateliers d'amélioration de textes, sur non pas l'intégralité des textes, mais des extraits choisis (en lien avec les difficultés rencontrées et la programmation de classe).

    Là aussi va se poser la question de la gestion du groupe si nous sommes en classe entière (j'y reviendrais dans un futur article).

    Je vais prendre l'exemple d'une activité qui avait très bien fonctionné cette année, liée à la production d'écrit et qui permettait d'introduire les compléments circonstanciels : un texte court, sans les CC, mais avec des questions (où? quand? comment ?) à la place. La consigne était d'inventer des groupes de mots (sans verbe conjugué pour éviter la notion de proposition subordonnée un peu complexe) pour remplacer les questions et créer un texte plus intéressant.

    L'activité a tout de suite plu, car elle faisait appel à l'imagination des élèves tout en leur donnant un cadre précis. Une fois leur texte écrit, un camarade devait le relire pour voir si l'histoire était cohérente et si les consignes avaient été respectées.

    Lors de ces échanges entre élèves, j'ai vécu un moment de grâce en entendant ce type de questionnement :

    - Comment sait-on s'il faut écrire -ent ou -ant à la fin d'un verbe quand on entend le son "en" ? Suivi de Ah oui, à chaque fois que je commence par "En + V-ant" comme "En attendant, en marchant..", sinon c'est le pluriel  et ça se prononce pas !

    - Madame, il a mis une phrase entière à la place de la question, ça marche pas ! - Non, j'ai pas mis une phrase ! - Si, il y a un sujet et un verbe, regarde!

    Et un élève, embêté parce qu'il n'avait utilisé que des groupes nominaux et sentait bien que son texte était lourd même s'il n'y avait pas de vraies répétitions, et me demandait comment formuler différemment ce qu'il voulait dire.

    Bref, cette séance était très riche, mais malheureusement, malgré mes tentatives, je n'ai pas réussi à retrouver le même engouement à la séance suivante pour finaliser les textes...

     

    3. les défis français

    Mis en place en fin d'année, au départ pour combler des séances où beaucoup d'élèves étaient absents, les défis ont été une vraie réussite.

    Les élèves sont facilement entrés dans le jeu et la compétition. Les exercices d'EDL étaient suffisamment variés et sous des formes souvent ludiques. La consigne visant à n'avoir les points que sur un exercice entièrement réussi à pousser les plus récalcitrants à utiliser les outils à disposition.

    "Madame, regardez ! Ce sera ptet la seule fois que vous me verrez utiliser un dictionnaire !"

    Ayant l'esprit de contradiction, j'ai refait des défis !! ;)

    La différenciation se fait toute seule, car les élèves se répartissent les exercices en fonction de leurs compétences. Par contre, tous ne font pas nécessairement tous les exercices.

    Évidemment, les défis ne sont là que pour revoir des notions déjà vues et revues... et parfois les groupes ne sont pas très bien faits et le travail s'en ressent. Au départ, je visais des groupes homogènes et finalement, ce qui marche le mieux c'est de laisser les élèves choisir leurs groupes, parce que ce qui est primordial dans le travail de groupe, ce ne sont pas les compétences mais la bonne entente !

     

    4. En conclusion :

    • Les leçons/séances d'EDL doivent être courtes (rituels ou non) et régulières.
    • Si en dehors de rituel, elles doivent être insérées dans des objectifs de production d'écrit ou de lecture les plus concrets possibles.
    • Les consignes et les modalités doivent être variées, si possible ludiques ou sous forme de défis.
    • Les fiches à exercices systématiques sont à bannir. C'est juste une perte de temps et de papier.
    • Le travail en petit groupe (avec ou sans enseignant) est très positif, il faut donc trouver des activités autonomes pour se libérer du temps avec certains élèves. Les activités autonomes ne doivent pas nécessiter des compétences complexes et doivent être suffisamment attractives pour que les élèves s'y investissent sans l'adulte derrière eux.

    Bref, une nouvelle année d'expérimentation à venir !!

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    clary29
    Lundi 21 Juillet 2014 à 17:55

    Je te  rejoins sur l'intérêt de "la phrase du jour" en SEGPA : je l'ai testée en 4è et 3è cette année, à partir des vacances de Pâques seulement, et déjà j'ai vu de nets progrès en grammaire et dans l'utilisation du dictionnaire. Du coup, je remets ce rituel dès le début de l'année pour les 5è, (première année de français en 5è pour moi, on va voir ce que ça donnera), les 4è et les 3è. Par contre, pas de souci matériel, ils collaient les feuilles ou recopiaient les phrases directement dans leur cahier, là où ils en étaient... 

    J'ai eu beaucoup d'échanges entre voisins, et de coopération, j'ai vraiment trouvé ça super...

     

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    2
    Lundi 21 Juillet 2014 à 21:01

    le pb matériel chez moi, c'est lié aux crayons de couleurs oubliés, et aux ardoises à distribuer et à ramasser...

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